Le Prater était à la recherche d'une belle émotion après deux quarts de finale longs et fades. La Russie était prometteuse d'un spectacle comparable à ceux de Bâle. Mais, douchée par la pluie d'orage, des trombes d'eau et des gros coups de tonnerre en première mi-temps, l'équipe de Guus Hiddink a été plus spectatrice qu'actrice de sa demi-finale...
Certes le grand Pavlyuchenko avait donné en première mi-temps quelques coups de boutoir dans la défense espagnole (16e coup franc, 31e frappe trop enlevée, 35e contrôle trop large, 36e tête plongeante...), mais c'était bien l'Espagne qui dominait dès le début du match le jeu et les débats.
Avec Iniesta sur la droite et Xavi Hernandez sur la gauche, le ballon circulait vite et bien en milieu de terrain. L'entrée de Fabregas à la 34e, accentuait encore la domination technique de l'Espagne. Mais à la conclusion, malgré l'esprit de combat affiché par Fernando Torres ou David Villa avant qu'il ne se blesse (à la cuisse, apparemment en tirant un coup franc), peu d'occasions d'inquiéter vraiment le gardien russe Akinfeev, agile et vigilant devant sa cage.
Xavi Hernandez ouvre la voie
Les Espagnols sentaient clairement qu'ils pouvaient aller chercher leur place en finale en se montrant plus incisifs dans les passes et les duels. Chose faite à 50e minute : ouverture sur la gauche de Xavi Hernandez pour Iniesta qui centrait parfaitement pour une reprise à bout portant du même Xavi Hernandez (1-0). Du cent pour cent barcelonais ! Dans la foulée Fernando Torres manquait le cadre (52e), et Iniesta ratait de peu un nouveau une-deux, avec Fabregas, cette fois (54e)...
Les Russes cherchaient à se secouer mais perdaient de plus en plus de ballons en milieu de terrain, douchés autant par la pluie incessante que par la vivacité de leurs adversaires. Arshavin ainsi, lui si brillant lors des matches précédents, était de moins en moins visible et personne ne venait menacer Iker Casillas...
Sergio Ramos offrait une balle de but à Fernando Torres qui glissait au mauvais moment (63e). Fabregas plaçait une belle frappe bien sortie par Akinfeev (70e), Xabi Alonso l'imitait dans la foulée pour un même sort (71e) : le KO n'était vraiment pas loin. Il venait par Fabregas qui donnait une offrande à Daniel Güiza (l'avant-centre de Majorque qui venait de remplacer Fernando Torres) échappant au hors-jeu pour venir battre imparablement Akinfeev (2-0, 73e).
Implacable, Fabregas, sur un contre, à nouveau côté gauche, servait Villa, seul face au gardien russe, pour un troisième but (3-0, 82e).